Espace et musique

Publié le par fibra

Espace et musique


Introduction :

La musique n’est pas la chanson. Mais, est-ce qu’il y a la chanson sans musique ? C’est-à-dire, peut-on chanter sans faire appel aux instruments musicaux, abstraction faite de leur qualité ?
L’Homme comme être unique éprouve des sentiments multiples et contradictoires, il est une unité psychique très complexe. Il rit, il pleure, il se met en colère, il est calme, il est pacifique, il est agressif, il est gentil, il est méchant… Il englobe toutes ces qualifications et bien d’autres. Son environnement ancre en lui des valeurs qui développent des qualifications et entravent d’autres.
L’Homme est sociable et sa sociabilité le rend dynamique et l’incite à changer sa situation tout au long de son parcours de vie dans la société. L’Homme vit dans l’espace et crée en même temps des espaces qui le différencient de toutes les espèces du vivant.

Dans le texte que nous sommes en train d’écrire, nous allons traiter la relation entre la musique et l’espace.

Peut-on parler de la musique sans évoquer sa relation avec l‘espace ? Où se produit la musique et se consomme ? Qui fait naître la musique ? Est-ce qu’il y a des espaces sans musique ? Qui fait que la musique soit présente ici et absente là ? Y a-t-il des cultures qui empêchent l’émergence de la musique ? Pourquoi ?

Cas de l’Europe ; … « La France est l’Angleterre constituent des pôles de développement essentiels, ce qui se traduit non seulement dans le domaine économique, mais dans tous les secteurs où un lieu peut influencer un autre, y compris donc dans la sphère esthétique ». « Faut –il alors invoquer des causalités anthropologiques permettant d’associer des phénomènes de civilisation de longue durée au choix privilégié par une société d’une discipline artistique ? ».
Au cours de l’histoire humaine, les civilisations marquant les époques n’étaient pas fortes partiellement et ne se développaient pas non plus dans un domaine sans les autres. Leur force économique engendre une pareille au niveau militaire pour se défendre et se distinguer, puis elles essaient toujours de diffuser leur culture pour dominer et expliquer le monde selon des valeurs propres à elles. La musique n’était pas hors des enjeux, depuis les Grecques au Romains en arrivant à l’Europe d’après le moyen âge. L’histoire de la France et l’Angleterre était une accumulation et une continuité d’une philosophie occidentale enracinée dans l’histoire.
A côté de la conception des Etats et de leur utilisation pour l’art et la musique, comme moyen de stabiliser le système et glorifier les chefs, il y a toujours l’art et la musique civils qui ne dépendaient pas de la logique officielle des appareils étatiques. Mais, y a-t-il des espaces et des lieux spécifiques assurant le développement des sous-espaces musicaux et artistiques ? Qui alimente l’art et la musique à travers le temps ? Qui est la source de la créativité humaine ? L’art dépend toujours de la place occupée et le rôle dans la société. Les dépourvus de tout peuvent-ils produire de la musique et de l’art ?

« A partir du 17ème siècle en France et en Angleterre, on peut noter l’étatisation de la musique, tandis qu’en Allemagne et en Autriche les pratiques musicales mêlent plus intimement production et consommation, notamment au sein de l‘église, et se décalent nettement vers des « collectifs » non étatiques… » . Comment peut-on, donc, concevoir une spontanéité créative artistique et musicale dans l’église, sachant que la religion n’a pas de bonnes relations avec l’art ? Comment l’Etat avec sa logique déshumanisante ne produit-elle pas la musique artificielle, puisqu’il est arrogant et répressif de nature ? Quelle nature de musique et dans quelle ambiance et à qui s’adresse-t-elle, puisqu’elle se situe dans des enclaves étatiques ? La musique savante, populaire et étatique ; c’est-à-dire encouragée et adoptée par l’Etat, est une musique dans tous les cas. Mais, c’est quoi la différence ?

La musique savante est fondée sur le savoir philosophique et l’histoire des idées et des pratiques (instruments) antérieures qui prennent en considération les espaces historiquement connus par leur diffusion musicale, vu des conditions bien connues, de Paris à Vienne et de l’Angleterre à la Russie. Chaque époque fait émerger un espace comme avant-garde artistique et musicale, selon des particularités spatiales où surplombe le critère universel de la musique comme œuvre humaine non verbale.

La musique non savante ou civile quant à elle ne respecte pas les normes structurées de la création musicale, mais peut être présente ici ou là-bas comme cas particulier des individus qui s’expriment d’une façon autonome, sans préparation précédente, c’est juste de fuir le réel ou de le représenter à leur façon artistique. Les moments de création chez eux échappent à tout contrôle et censure et réalisent depuis ces temps exceptionnels des moments de l’expression d’un refuge joyeux communisé et partagé comme espace collectif, mais produit et animé individuellement. La musque dans ce cas est en relation restreinte avec le fonctionnement des sociétés, comment elles organisent leur quotidien et comment différencie les temps, ainsi que leurs façons d’atténuer le poids des fardeaux qui pèsent sur elles au cours de leur vie. La musique dans ce cas n’est autre chose que la manifestation et le partage de bons moments entre ses individus. La femme et l’homme sont égaux dans le sentiment éprouvé en ces moments de création et de présentation de leurs œuvres. Le moyen Atlas au Maroc garde toujours jusqu’à présent cette particularité qui consiste en la musique et le chant ne sont pas masculins et ne dépendent pas de la ville planifiée de cette façon ou de l’autre, c’est la beauté de la nature qui est derrière la musique d’Atlas et non pas la planification urbanistique.

La musique étatique, enfin, peut utiliser et exploiter les deux sortes précédentes pour son compte, vu les moyens dont il dispose et les conditions matérielles de l’appropriation du pouvoir qui lui permet de se glorifier et de planifier les espaces à sa façon ; créer des institutions destinées à des tâches précises et voulues, l’Etat enclave la musique, intègre et exclue selon sa conception et son projet de domination, ce qui vide la musique de son vrai sens de créativité et de spontanéité et propose des contenus étranges et extérieurs à la musique comme art humain non pragmatique par essence.

« …Adorno dit d’abord que l’évènement fondateur de la nouvelle musique résulte de la prise de conscience d’un décalage entre ce que la musique prétendait être et ce qu’elle était en réalité ; c’est donc sur le terrain esthétique et éthique de l’ordre préexistant que se situent les innovateurs. Il nous dit aussi que le patrimoine accumulé est une ressource précieuse pour le changement culturel, pour peu qu’on soit capable de s’en réapproprier le contenu ».
Je dirais que la musique dépendait toujours de l’histoire des sociétés, de l’accumulation réalisée, de la diversité des contenus, de sortes différentes que revêtit, savante, populaire, étatique. Tout cela contribue à former un patrimoine dans un contexte culturel général qui connaissait des changements permanents, qui fait de cet espace le pionnier et de l’autre l’avant-garde ou le facteur d’étouffement de la musique.

Mais, l’espace musical est-il juste une représentation mentale ? Ne pouvons-nous l’assimiler à un espace physique, concret et donné ?

Les sons, les notes et les fréquences ne sont pas touchables, n’ont pas de réalité extérieure observable, mais par écoute on distingue cette note de l’autre, cette fréquence de l’autre, forte ou faible… Cela se passe dans l’espace musical. Mais les deux espaces ; physique et musical, partagent-ils les mêmes dimensions ? « Il n’est nécessaire de représenter la hauteur d’un son par hauteur physique, avec les directions de « haut » et de « bas ». Cette représentation lie assurément la musique et l’espace, mais reste totalement artificielle et arbitraire ».
Nous évoquons cette différence entre les deux espaces pour dire que l’espace dans la musique, en son sein, est différent de l’espace de la musique, c ‘est-à-dire l’espace où se produit et se consomme. Celui-ci est un espace physique situé dans la ville comme lieu planifié par une conception inhérente à la culture dominante; place de concert, de théâtre, de conférence, atelier d’art plastique, de peinture, etc. Tous ces lieux de la culture, de l’art et de l’esthétique, apparaissent et disparaissent selon la logique du développement de la civilisation dont ils font partie.

Conclusion :

Finalement, je veux dire que la musique ne dépend pas exclusivement de Paris, Rome, Berlin, Moscou, Vienne, malgré que ces grandes villes qui ont une grande histoire et un présent encore riche et diversifié, malgré qu’elles ont donné de grands compositeurs et de grands artistes et musiciens, j’aimerais dire que la musique est universelle, elle est présente là où l’Homme existe, liée à ses expériences dans la vie, quoique ce soient leurs limites et quoique ce soient les instruments et les places qui font naître cette musique.

Pour cela, Je cite une expérience, parmi d’autres, tout à fait différente, fondée au Sahara par le groupe « Tinarewen », un groupe de Mali, (Tinarewen : pluriel de Ténéré qui veut dire en tamachikt le Sahara ou encore la compagne ou le pays). Ce groupe qui inspire de l’histoire et de la culture Twareg, ayant audace musical, ne connaît, ni obstacle ni limite, un groupe qui pratique la musique avec courage et détermination. Le contenu de leur musique basée sue la guitare, inspire et influencé par le Rock et le Blues, le contenu, j’ai dit parle de la situation et de la réalité Touareg et se pose des questions philosophiques sur soi, et confronte une réalité très dure, dans le Sahara et la guerre pour la défense de la liberté et de la dignité des touaregs. Ce groupe installé à Tamnraste en Algérie, est revenu au Mali en 1990 … C’est un groupe connu de par tout dans le monde, il organise des concerts partout dans les villes d’Europe.

Pour dire que la musique peut être émergée pas seulement dans les grandes villes d’occident, mais au profond du Sahara où il n’existe ni boulevard, ni ville planifiée, ni rien. Y a tout simplement l’universalité de la musique, qui ne connaît ni limites, ni frontières. La musique c’et comme la cause humaine, elle est présente où l’Homme existe.


Références bibliographiques :


www.irpmf.cnrs.fr/themes-derecherche/ecrits-sur-la-musique/
www.musicologie.org/publirem/jmw/treize.html
www.gallimard.fr/…/Hors-serie-connais…/Ecrits-sur-la-musique-
ww.editions-mf.com/?Ecrits-sur-la-musique
Tinarewen groupe musical, in yutoube.com

Commenter cet article