« La socio-anthropologie, un nouveau lien entre la sociologie et l’anthropologie »

Publié le par fibra


« La socio-anthropologie, un nouveau lien entre la sociologie et l’anthropologie »

Introduction :


J’emprunte ce titre à Jacques Hamel, pour ainsi essayer d’éclaircir et d’affiner la relation établie entre deux disciplines proches l’une de l’autre jusqu’à nous amener à confondre entre elles, sans pouvoir distinguer entre l’objet d’étude de chacune.
Donner une définition satisfaisante à cette nouvelle approche nous conduit tout d’abord à définir la sociologie d’une part et l’anthropologie de l’autre, pour conclure avec une définition précise de la socio-anthropologie.
Pour ce faire, nous allons nous contenter de traiter les deux disciplines dans leur aspect général ; c’est-à-dire que nous n’allons pas entrer dans des détails des branches qui dérivent d’elles. Ce texte a pour but de simplifier sans déformer. C’est un texte pédagogique qui vise à faciliter la compréhension des disciplines concernées. Car, il nous est impossible de prétendre faire un travail de grande taille dans un texte comme celui-ci.
Notre travail est un travail modeste qui a pour objectif et souci de présenter ces disciplines dans leur généralité en concentrant leur participation et contribution dans leur essai d’analyser et de critiquer les sociétés et les cultures anciennes et contemporaines, afin de les comprendre.
Ce travail que je vous présente est sûrement incomplet et peut souffrir des lacunes et d’oubli ou de faiblesse quelque part, je ne suis pas parfait , je suis juste convaincu par l’entraide, la solidarité et le partage de ce que je sais avec vous. Merci de critiquer d’ajouter, de renforcer et de pousser de l’avant chaque travail qui vise à détruire les illusions et à construire un savoir scientifique basé sur la raison. Bonne lecture à vous touTEs.

La sociologie


E.Durkheim :
Bien que la sociologie doive son nom à Emmanuel-Joseph Sieyès, puis prise et répandue par Auguste Comte, c’est à D.E.Durkheim qu’on reconnaît la fondation de la sociologie en tant que discipline autonome et scientifique. D’ailleurs, c’est cette idée « extériorité, étendue et contrainte caractérisent le fait social » qui lui confère la place du fondateur de la sociologie. Pour lui, la sociologie est « la science des institutions, de leur genèse et de leur fonctionnement ». Et, définit l’institution comme « toutes les croyances et tous les modes de conduite institués par la collectivité ». Pour mieux comprendre ce que signifie une institution il faut voir comment Durkheim définit la société ; celle-ci ne se réduit pas à un ensemble d’individus en cohabitation, mais elle est « avant tout un ensemble d’idées, de croyances, de sentiments de toutes sortes, qui se réalisent par les individus ». Elle est donc le produit de l’interaction des individus qui s’influencent réciproquement dont il résulte une fusion des consciences individuelles. Cette réalité ne peut pas être réductible à la somme de ses parties composantes et n’est pas susceptibles d’être expliquée que par les moyens qui lui sont propres. La société est donc différente des individus qui la constituent et n’est pas une addition de ceux-ci, d’où vient la notion de conscience collective en tant que description psychique de cette réalité. C’est la sociologie seule qui peut expliquer ce que veut dire la société et les phénomènes sociaux, ainsi le fait social est un concept qui sert à analyser ce contenu de cette réalité. Durkheim définit le fait social comme suit : « voilà donc un ordre des faits qui présentent des caractères spéciaux : ils consistent en des manières d’agir, de penser et de sentir, extérieures à l’individu et qui sont doués d’un pouvoir de coercition en vertu duquel ils s’imposent à lui ». L’explication des faits sociaux, vu leur extériorité doivent être faite à partir des modifications du milieu social et non à partir de la conscience individuelle. Toute nouvelle discipline afin d’être instaurée, il faut qu’elle installe une méthodologie qui permet de parler de la scientificité de cette discipline. Durkheim dit : « Il n’y a, en effet, qu’un moyen de faire en science, c’est de l’oser, mais avec méthode ». Ainsi il n’étudie pas le fait social isolé et indépendant des autres, mais en fonction d’eux, c’est-à-dire qu’il opère avec une méthode de comparaison, car selon lui les lois générales ne peuvent être trouvées sauf si on applique la méthode comparative historique, c’est ça qui fait de l’analyse, une analyse sociologique.
Après avoir vu comment Durkheim détermine le fait social, on va voir son approche aux catégories. Selon lui, la source des catégories telles que : le temps, l’espace, la causalité, etc. n’est que la société, elles ne sont pas vagues et indéterminées, mais elles ont des formes et des qualités spécifiques et variantes d’une culture à une autre, elles ont une fonction purement sociale et sont le produit de l’interaction sociale. Les individus ne peuvent pas créer leurs propres catégories.
« Non seulement c’est la société qui les a instituées, mais ce sont des aspects différents de l’être social qui leur servent de contenu : la catégorie de genre a commencé par être indistincte du concept de groupe humain ; c’est le rythme de la vie sociale qui est à la base de la catégorie de temps ; c’est l’espace occupé par la société qui a fourni la matière de la catégorie de l’espace ; c’est la force collective qui a été prototype du concept de force efficace, élément essentiel de la catégorie de causalité ».
Une autre catégorie qui n’est pas moins importante ; celle de la totalité d’origine sociale. Malgré l’origine sociale des catégories, elles sont universelles ; c’est-à-dire qu’elles servent comme moyen d’explication du monde qui entourent les individus.
Pour en finir avec la sociologie de Durkheim, on va voir comment il voit la solidarité qu’a divisée en deux, solidarité mécanique et solidarité organique.
Pour lui, la solidarité mécanique correspond aux sociétés traditionnelles, qui sont simples et s’organisent au sein des communautés qui reposent sur la proximité et la ressemblance en partageant une histoire et des valeurs communes. Tandis que la solidarité organique est relative aux sociétés modernes qui se caractérisent par l’interdépendance et la complémentarité. C’est pourquoi la division du travail est une façon d’attribuer à chacun le rôle et la tâche à faire tout en se complétant avec les autres. C’est par cette interdépendance que la société arrive à développer et à diversifier ses activités. Pour lui, le développement de la société s’explique par le passage de la solidarité mécanique à la solidarité organique.

M.Weber :
Max Weber est le fondateur de la sociologie compréhensive qui est basée sur le sens subjectif des conduites des acteurs ; c’est-à-dire que l’action sociale doit être expliquée par les sens que donne l’individu à ses conduites ou à ses actes.
A l’opposé de la tradition positiviste, Weber voit que les sciences sociales ou les sciences de la culture sont trop éloignées des sciences de la nature, ainsi il est impossible de s’inspirer de leurs méthodes. Raymond Aron dit : « les caractères originaux de ces sciences sont (pour Max Weber) au nombre de trois : elles sont compréhensives, elles sont historiques et elles portent sur la culture ».
Si les sciences sociales ont pour objet la culture, elles sont à la fois produits de la culture ; c’est-à-dire des valeurs. Comment alors être à l’abri des valeurs ? Pour que Weber réponde à cette question, il a fait distinction entre « jugements de valeurs » et « rapports aux valeurs ». Les premiers sont subjectifs, ce qui les met hors du travail scientifique, tandis que les deuxièmes renvoient à la place occupée par les valeurs dans la société objet d’étude.
Weber définit la sociologie ainsi « nous appelons sociologie une science qui se propose de comprendre par interprétation l’activité sociale et par là expliquer causalement son déroulement et ses effets ». Pour weber le monde social est un ensemble des actions produites par des agents qui le constituent. Donc, le présupposé où l’unité de base de la sociologie est l’action d’un agent. De cette façon Weber définit l’action comme « un comportement humain quand et pour autant que l’agent lui, communique un sens subjectif ». Et « la sociologie ne prend en compte que les actions proprement sociales, c’est-à-dire les actions dont le sens est orienté vers autrui ».
Pour la sociologie, je me contente de la présentation de ces deux piliers (Durkheim et Weber) vu leur influence et leur impact sur tous les sociologues et au-delà de ladite discipline.
C’est pour cela il me paraît très important de connaître leurs apports pour la sociologie, pour ainsi pouvoir comprendre les autres sociologues.
Maintenant je vais donner une liste de 100 mots utilisés en sociologie, tels que :
Acteur- Age- Aliénation- Analyse longitudinale- Analyse quantitative- Anomie- Autoanalyse- Socioanalyse- Capital- Carrière- Champ- Classes sociales- Classification- Communauté et société- Comparaison- Compréhension- Configuration- Conflit- Contrôle social- Corpus- Corrélation- Croyances- Culture- cycle de vie- Déontologie- Désaffiliation- Déterminisme- Déviance- Dévoilement- Disqualification sociale- Division du travail- Domination- Echantillon- emploi- Enquête- Entretien- Ethnographie- Expertise- Famille- Genre- Habitus- Homogamie- Hypothèse- Identité- Individualisation- Induction- Déduction- Inégalité- Institution totale- Intégration- Interaction- interprétation- Le savant et la politique- Lien social- Méthodes qualitatives- Mobilité sociale- Modélisation- Mouvement sociaux- Nation, nationalité- Neutralité- Axiologique- Nomenclature- Normes- Objectivation- Objet d’études- Observation- Organisation- Orientation politique- Paradigme- Pouvoir- Prénotion- Privé, public- Processus- Profession- Qualification- Représentations- reproduction- Réseau- Rôle- Ségrégation- Sexe- Situation, définition de la- Socialisation- Sociologie- Sociologue- Solidarité- Statut- Stigmate- Stratégie- Stratification sociale- Tableau croisé- Territoire- Type idéal- Une heure de peine- Variable.

L’anthropologie


L’anthropologie présuppose et affirme l’unité de l’Homme, c’est-à-dire qu’elle le prend comme un objet d’étude cohérent et s’inscrit dans une perspective qui le conçoit comme un genre unique, abstraction faite de la diversité individuelle qui peut être objet de la psychologie. Mais cela ne veut pas dire que l’Homme est homogène et ne change pas à travers le temps et l’espace. C’est pour cela que l’anthropologie a pris les sociétés anciennes ou archaïques comme objet d’analyse, vu leur simplicité en comparaison avec les sociétés contemporaines qui sont développées et montrent une certaine complexité.
Dans les premiers moments de début de cette discipline, l’anthropologue travaille surtout hors de sa société, et prend les sociétés étrangères, lointaines comme objet d’études. C’est une science donc du traditionnel, ce qui va nous guider à voir que le fait de focaliser l’attention sur l’en dehors veut dire que l’anthropologue souhaite étudier les différences existantes entre les anciennes sociétés et sa propre société occidentale qui est différente de celles-là qu’il étudie. Donc, sa tâche consiste en mettre en relief l’autre. Sa vie quotidienne, sa langue, ses langues, ses traditions, bref, sa culture.
Au début, la distinction faite entre « l’autre et moi » reflète une qualification calquée sur les sociétés étudiées comme étant non civilisées, traditionnelles, primitives, sociétés de l’oral non de l’écrit, des sociétés conçues comme un ensemble des communautés différentes, dispersées, non organisées et surtout irrationnelles, c’est-à-dire qu’elles sont des sociétés sauvages, barbares où la civilisation n’existe pas.
Le concept de l’autre nous amène au concept de l’ethnocentrisme qui veut dire que celui qui n’est pas de l’occident, qui n’appartient pas aux sociétés occidentales est par conséquent sauvage et exclu de l’humanité. La chose qui justifie l’esclavage pratiqué et les génocides commis à travers les époques de l’histoire. Jusqu’ici les différences sont vues comme anormales et sous-estimées, ce qui en résulte le racisme et l’exploitation. Ce qui approuve ce qu’on vient de dire est la distinction faite par Lévy-Bruhl entre la mentalité prélogique et la mentalité logique. C’est ce qui explique l’ethnocentrisme. C’est-à-dire que la raison et la logique ne sont que des qualifications propres aux sociétés occidentales, mais les autres qui sont différentes et sont exotiques et lointaines n’ont pas encore accédé au stade de la logique. Ce qui veut dire que l’homme est dans un processus évolutionniste où les sociétés occidentales ont atteint le stade logique de la raison et sont entrées dans l’histoire, tandis que les autres qui sont prélogiques, sont encore dans le stade animal où les valeurs humaines n’existent pas encore.
Dans cette perspective le discours anthropologique glisse vers l’idéologique et produit les jugements de valeurs et les préjugés subjectifs qui visent la justification du colonialisme, sous prétexte d’aider les dites sociétés à entrer dans la civilisation, cette irruption occidentale est pilotée par les premiers moments de l’anthropologie, marqués par les notions de prélogique, sauvage, barbare que contient le discours de quelques anthropologues.
La charpente et la structure d’organisation de ce discours est, bien entendu, l’évolutionnisme qui est fondé sur l’unité psychique du genre humain et dans le progrès des civilisations. Ce qui veut dire que la civilisation occidentale est une référence pour la classification des sociétés en les divisant en sociétés historiques, civilisées et d’autres hors histoire, non civilisées. Morgan et Ferguson ont fragmenté l’histoire de l’humanité en des périodes alignées selon une logique évolutionniste qui débute de la sauvagerie, la barbarie à la civilisation. Seules les sociétés occidentales donc sont dans le stade de la civilisation.
Les trois piliers majeurs de l’évolutionnisme anthropologique sont : Morgan, Lewis(1818-1881), E.B.Tylor(1832-1917) et j.Fraze(1845-1941). Ses mots clés sont surtout la parenté et la religion.
Quant au diffusionnisme, il rejette la prétention d’évolutionnisme qui consiste en la division de l’histoire en des étapes qui se succèdent dans une logique progressive pour atteindre la civilisation, comme stade suprême dans lequel l’occident est situé. En mettant en question et en réfutant l’idée évolutionniste, le diffusionnisme s’appuie sur la similitude culturelle entre les sociétés ou les groupes sociaux différents. Et, cette similitude qu’il considère comme preuve de la différence d’éléments culturels.
Ce courant est représenté par : G.Elliot Smithel W.J.Perry.- F. Graebner - W.Schmidt – Kroeber- Goldenweiser – Sapir – Wisselr- Franz Boas.
Dans une autre vision différente de celle du diffusionnisme qui focalise son attention sur le cadre culturel lui-même, le culturalisme quant à lui « définit la culture comme système de comportement appris et transmis par l’éducation, l’imitation et le conditionnement (enculturation) dans un milieu social donné », et cherche à comprendre comment la culture est présente chez l’individu et comment il oriente ses comportements. Il est représenté par : R.Linton- A.Kardiner- R.Benedict- M.Mead.
Le courant dynamiste à son tour vise à dévoile les jeux du pouvoir tout en interprétant les facteurs de désordre dans tout système social. Il est représenté par : G.Balandier- J.Guiart- P.Bourdieu.
Le courant marxiste qui est présent dans le domaine de l’anthropologie économique tout en étudiant les rapports de production et le rôle déterminant des forces productives en rapport avec les rapports de production, tout en concevant l’histoire comme une succession des modes de production dans une logique évolutionniste.

Puis, le fonctionnalisme se donne à l’étude empirique des faits sociaux sur le terrain tout en les appréhendant comme totalité. Pour ce faire il faut replacer les faits sociaux dans leur contexte social et expliquer le phénomène social par la totalité dans laquelle il s’inscrit. Ce courant s’appuie sur trois notions telles que : l’utilité, la causalité et le système, qui correspondent respectivement à : à quoi ça sert ? Pour quelles raisons et pour quels résultats ? Comment s’opère l’interdépendance des éléments dans un ensemble cohérent en équilibre ?
Il est représenté par : - Bronislaw Malinowski. – Alfred R. Radcliffe-Brown.
Enfin, le structuralisme qu’on peut présenter en deux courants tels que : le structuro-fonctionnalisme et l’anthropologie structurale.
Alfred R. Radcliffe .Brown et Talcott Parsons représentent le premier courant, quant au deuxième il est représenté par C.Lévi-Strauss. En rejetant l’histoire et les origines des phénomènes, le structuralisme se penche sur l’étude de leurs formes en cherchant ainsi à dévoiler et établir des lois universelles qui sont les mêmes partout et à travers les temps, et qui sont à l’origine des activités inconscientes de l’esprit.
Nous avons vu fugitivement les premiers moments de l’anthropologie, tout en faisant allusion aux chercheurs/représentants de cette discipline dans le but de guider le lecteur à approfondir sa connaissance en se référant à ses pionniers, car aucune science ne peut être saisie sans avoir pris connaissance de ceux qui l’a fondée.
Dans un deuxième temps nous allons jeter un regard sur l’anthropologie contemporaine et voir comment sa vision a changé ainsi que le champ d’étude.
Au début, nous avons dit que l’anthropologie s’intéresse aux sociétés et aux cultures traditionnelles pour déduire les différences existantes entre elles et les sociétés contemporaines et nous avons vu que la base idéologique sur laquelle elle s’appuie justifie l’action coloniale et l’asservissement des populations ainsi que le pillage des biens et des richesses de leurs terres.
Mais, l’anthropologie contemporaine prend un autre chemin différent, tout en considérant les sociétés non occidentales comme des sociétés différentes ayant des valeurs humaines égalitaires qui respectent la valeur humaine, la chose qui n’est pas toujours présente dans les sociétés modernes dominées par des systèmes répressifs et exploiteurs où l’humain tend à être robotisé.
Les champs de recherches dans l’anthropologie contemporaine sont surtout : la modernisation, les migrations et les problèmes qu’elles suscitent dans les pays d’origine et ceux d’installation, la question féministe, etc. Ainsi on y trouve une nouvelle orientation vers le vécu des acteurs, le sens qu’ils confèrent à leurs actions. On peut citer quelques chercheurs tels : Clifford Geertz, V.Turner, Jack Goody, Rodney Needham, Mary Douglas, puis encore R.Bastide dans ses études anthropologiques appliquées au développement. Pour ne citer que ceux-ci, on va conclure par dire que l’anthropologie contemporaine revoit son domaine de recherche en focalisant son attention sur de nouveaux objets en rapport avec les problèmes que posent le présent et le monde moderne. Elle s’oriente donc vers l’étude des idéologies, de l’Etat, des organisations politiques, la société civile, la presse et les médiats et bien d’autres sujets et problèmes que la complexité de la vie moderne produit.

La socio-anthropologie


Jacques Hamel définit la socio-anthropologie comme « une nouvelle approche… Si elle est née et a d’abord été appliquée à l’étude du travail, elle tend actuellement à englober l’ensemble des faits sociaux qu’elle s’efforce de mettre en relief dans leur complexité. Autant de nom que par définition, elle jette un pont entre la sociologie et l’anthropologie. En effet, la première vise à saisir « la complexité » des faits sociaux en soulignant les médiations qui font qu’à l’échelle globale ces faits prennent la forme d’une totalité. La seconde a pou objet d’expliquer les faits sociaux à une échelle locale qui autorise ainsi une étude directe et fine dont le résultat est de constater en acte l’interdépendance de ce qui constitue ces faits. »
L’objet d’étude de l’anthropologie est la culture, celui de la sociologie est la société.
Ces deux se contredisent ou se complètent ?
L’anthropologie se rattache aux sociétés sans écriture, traditionnelles, simples. Tandis que la sociologie focalise son attention sur les sociétés modernes et étudie les relations et es rapports qui se nouent au sein d’elles tout en essayant de comprendre les phénomènes sociaux que provoquent la modernisation et l’industrialisation…
L’anthropologie s’intéresse au local et prétend en tirer des résultats qu’elle doit généraliser, mais la sociologie s’intéresse au global et prétend produire la théorie expliquant les traits communs dans la diversité culturelle et sociale.
L’école de Chicago était un exemple manifeste qui a déjà fait un pas vers la socio-anthropologie, cela par sa nature sociologique, mais qui adopté une méthode anthropologique ; celle de l’observation participante pour étudier les problèmes existants dans la ville de Chicago.

L’observation participante peut être définie comme : « l’immersion prolongée dans les rapports sociaux locaux, la descente dans la puits à partir de laquelle des informations recueillies par un observateur au sein d’un petit groupe social se construisent les théories de l’anthropologie ».
On peut résumer cette méthode dans un exemple signifiant ; celui de « la Mtraiochka, une sorte de poupée gigogne russe dont les différents personnages, tous identiques, s’emboîtent les uns dans les autres mais révèlent chacun à son échelle la figure globale ».
Dans cette optique la comparaison reste un moyen qui au autorise le passage du local au global, et marque l’accès à la théorisation.
Dans une étude sur les entreprises canadiennes francophones, M.Godelier disait : «les rapports sociaux de parenté peuvent, dans certaines conditions, fonctionner comme rapports sociaux de production ». C’est-à-dire que la parenté joue le rôle dans le recrutement, le déroulement de procès de production, la gestion et l‘organisation du travail. Mais, face à une économie de technicité et technologiquement développée dans la partie anglophone, les entreprises francophones québécoises dominées par les rapports de parenté, seront poussées à être dominées sous la forme de sous-traitance qu’elles vont adopter pour ainsi remplacer le caractère humain par le technique.
Nous avons évoqué cet exemple économique pour dire que la socio-anthropologie est une science qui analyse les sociétés contemporaines dans le processus de la vie quotidienne, tout en s’appuyant sur les concepts anthropologiques (la parenté par exemple) pour comprendre une économie capitaliste dans l’un de ses aspects patents.
Les sociétés contemporaines dominées par le système capitaliste contiennent toujours d’autres styles et modes de vie et de production où dominent des rapports sociaux non capitalistes. Cette coexistence est l’espace où la socio-anthropologie peut dire son mot et peut comprendre mieux que d’autres sciences.
La culture d’entreprise qui est maintenant la vogue et la mode et ne peut être comprise si on ne fait pas appel à l’approche socio-anthropologique, surtout dans nos sociétés, dites « sous-développées » ou « en voie de développement … » le secteur informel est un cas évident.
La socio-anthropologie marque la fin dune rivalité entre la sociologie et l’anthropologie dans le cadre de l’interdisciplinarité.

Conclusion

Dans ce qui précède nous avons essayé de présenter la sociologie comme elle est conçue chez ses pionniers et fondateurs : Durkheim et Weber, avec une certaine condensation, mais claire et simple, sans autant aborder toutes les œuvres, tâche impossible dans ce texte, mais nous avons donné l’essentiel des concepts véhiculés. Nous avons choisi les deux, vu leur importance dans l’histoire de la sociologie et leur importance comme il est impossible de la comprendre sans se référer à ces grand sociologues. Et, nous avons cité les 100 mots utilisés dans cette discipline. Puis, nous avons présenté l’anthropologie comme elle est vue et pratiquée par ses précurseurs en passant vite par quelques courants et ses représentants, ainsi que les concepts et les méthodes mis en œuvre. Et, nous avons vu que l’anthropologie a connu deux étapes dans son parcours ; la première est celle qui a débuté par les recherches faites par les occidentaux sur des sociétés dites exotiques et différentes des sociétés occidentales, et nous avons fait allusion à cette étape qui a servi les forces colonialistes, comme base idéologique qui a justifié le pilage des richesses et l’exploitation des populations des sociétés concernées. Puis nous avons vu que cette discipline a pris conscience de soi tout en changeant de regard envers les sociétés/objet d’études en les considérant cette fois-ci différentes et non pas sauvages et non civilisées. L’important c’est que l’anthropologie se penche sur l’étude des sociétés modernes, c’est-à-dire que l’anthropologue applique ses recherches sur sa propre société. Et, de cette façon elle devient une discipline du traditionnel et du moderne à la fois.
Finalement, nous sommes arrivés à un point de convergence entre les deux disciplines et qui a donné naissance à une autre discipline qu’est la socio-anthropologie, comme produit de la complémentarité des deux et corollaire de la vogue de l’interdisciplinarité qui a mis fin à une rivalité entre la sociologie et l’anthropologie.
Nous espérons que ce travail pourrait être utile pour ainsi contribuer à faciliter la compréhension des trois disciplines , sachant que la tâche n’est pas aisée et que le chemin se trace en marchant.

Références bibliographiques

- Durkheim, Emile, la division du travail, Paris, Alcan, 1893
Http : www.scribd.com/doc/62808430/Bourdieu-Pierre1967
- Durkheim,Emile, les règles de la méthode sociologique, http:/ :classiques.uqac.ca/classiques /Durkheim-emile/durkheim.html(archive)
- Max Weber et la rationalisation des activités sociales, par J.-P. Noreck ( sur wiki quote)
- Hamel, Jacques, « la socio-anthropologie, un nouveau lien entre la sociologie et l’anthropologie », socio-anthropologie(en ligne),1/1997,mis en ligne le 15 janvier 2003,consultéle 13 novembre 2014,URL :http/socio-anthropologie,revue.org/73

Commenter cet article