Lecture du chapitre 09 du livre « Sur l’inégalité des races » - A.Gobineau

Publié le par fibra

Dans ce chapitre, Gobineau défend une thèse selon laquelle la civilisation ne peut être existée sauf s’il y a une culture dominante, fondée sur des intérêts individuels qui ne se contredisent pas, et ne se détruisent pas non plus, mais se complètent dans une solidarité sans quoi la nation n’existe pas.

Car, dans cette complémentarité qu’on arrive à satisfaire les besoins principaux de tout le monde. Du coup, la civilisation voit le jour dés le moment où un régime particulier est accepté. Par conséquent, ce que les hommes partagent en commun ou communisent est un facteur qui les réunit, tant que tout le monde l’admet et le considère comme condition inéluctable et préalable pour la stabilité.

La civilisation présuppose la race homogène, stable. Cette stabilité est inconcevable si la nation est hétérogène, car dans l’hétérogénéité elle perd son caractère de pureté comme race, ce qui la mène à la destruction et à la mort.

La fin de la civilisation est en corrélation avec la modification que connaît la race. Car, le changement crée des modifications qui incitent à remplacer des idées et à changer la race elle-même. Ainsi, l’hétérogénéité brise le caractère commun des convictions. Outre la stabilité et les intérêts individuels qui s’accordent, et se complètent sans autant entrer en conflit destructeur, on peut parler de la non violence et de la sociabilité. Ce qui veut dire que les individus n’entrent pas dans des conflits violents dont découle la destruction, mais leur interaction et la confrontation de leurs intérêts s’organisent pacifiquement. Ce qui fait que la sociabilité est une résultante de la non violence et vice versa. La civilisation, donc, nécessite une certaine stabilité dans le cadre de la coexistence non violente, pour ainsi satisfaire des besoins de tout le monde, tout en raffinant l’intelligence et les mœurs.

Si toutes les civilisations, selon Gobineau toujours, remplissent ces conditions évoquées, veut dire qu’elles sont égales. Mais, ce n’est pas le cas, vu les différences existantes entre elles dans le d’intensité et de direction ; c’est-à-dire qu’il y a des civilisations qui sont riches et contiennent des éléments et des critères qui lui confèrent une personnalité forte et solide. Puis, l’importance de telle civilisation dépend aussi de sa tendance historique et de la nature de sa direction et de son trajet, c’est-à-dire sa ligne du développement. C’est ce qui différencie les unes des autres. Elles sont diversifiées soit dans les mœurs soit dans leur intelligence.

Selon Gobineau, ce qui rend un esprit bien doué de facultés féminines chez certains peuples, surtout du nord, n’est pas la variété du climat, c’est-à-dire ; le sud est différent du nord car là-bas il fait chaut et ici il fait froid, non. C’est le sang qui détermine la différence et non pas le climat.

Deux caractères, donc, fondent le monde de culture européenne : germanique et chrétien. Mais, l’essentiel et le déterminant reste le premier. Car, on peut devenir chrétien sans pouvoir être inclu dans le cadre de la civilisation européenne. Et, l’Europe n’est pas homogène, ce qui veut dire que les nations d’Europe ne sont pas à un même degré de civilisation et n’ont pas la même intensité ni la même direction.

En évoquant l’homogénéité, les civilisations ; romaine, asiatique, surtout chinoise, indienne et brahmanique sont des cas frappants où tout le monde est intéressé, instruit, conscient de ce qu’il fait et ce qu’il croit, tout le monde possède les mêmes convictions.

Est-ce que l’Europe est homogène ? Non.

A l’encontre de la Chine, Thibet et l’Inde où la civilisation réunit toutes les classes autour des mêmes principes et convictions, en Europe on trouve les différences entre les populations qui constituent la nation. Ici les populations rurales ne donnent aucune importance à la lecture et à l’apprentissage, car elles ne voient pas l’utilité de cela. Mais, malgré l’ignorance des populations et la grande différence en comparaison avec celles des civilisations citées (chinoise, indienne…) où tout le monde a accès à la lecture et l’instruction, la civilisation européenne marque l’histoire par son génie, par la science et la découverte. Sa supériorité est due à la diversité qui la constitue et à sa participation sans précédent au développement des sciences et à la découverte des lois qui les régissent, ainsi que la façon avec laquelle on les expose. Et, cela est dû au caractère de son esprit ayant la capacité et la puissance de comparaison et d’analyse. Ce qui incite au développement continu. Elle est sans précédent encore, car elle est alimentée par le génie germanique.

Dans le domaine politique, le caractère de stabilité joue le rôle important dans la puissance ou non de la civilisation. Là où il y a la diversité ethnique, cas de la France, l’Italie et l’Allemagne, on ne trouve pas de stabilité, ce qui la distingue des autres civilisations boudhique et brahmanique, et rend celles-ci puissantes et avantageuses par rapport à la civilisation européenne.

La continuité est en rapport étroit avec la stabilité qui découle de l’homogénéité provenant de l’absence de diversité ethnique et du partage des mêmes convictions et des mêmes principes par tout le monde, puis de l’instruction de toutes les populations, ce qui manque la civilisation européenne et menace sa continuité.

Enfin, la continuité de la civilisation dépend de l’esprit de la race qui prédomine et subit des changements et des transformations quand cette race change et subit les mêmes changements. Donc, la vie ou la mort de telle ou telle société dépend des facteurs internes ; c’est-à-dire de la race. C’est l’homogénéité de la société et la pureté de la race qui garantissent la vie de la civilisation.

Ma critique

Une seule idée traverse ce chapitre, telle que : même si on peut trouver des civilisations supérieures à la civilisation européenne, celle-ci reste toujours une civilisation grandiose et sans précédente, car elle est fondée sur la race et spécifiquement la race germanique. Donc, toutes les civilisations sont inférieures car elles ne sont pas homogènes.

C’est l’homogénéité da la race qui crée la civilisation. Nous sommes, alors, face à la théorisation du racisme ; c’est-à-dire qu’on utilise la science pour justifier le racisme. C’est l’eugénisme qui signifie la protection de la race. Et, cela passe par l’élimination du mélange.

Gobineau inspire de Mendel et de Galton qui défendent la pureté de la race contre le risque du mélange. Car, c’est celui-ci qui détruit la civilisation et met fin à la race. Cette perspective théorique vise à séparer les composantes des sociétés sur la base raciale en la stratifiant pour ainsi supprimer toutes les populations qui ne font pas partie de la race défendue. Et, dans le cas de Gobineau, c’est la race germanique qui doit être à l’abri de tout changement, et cela passe par l’interdiction de mixité et de métissage ; c’est-à-dire de tout contact pouvant toucher la race et la changer et dont découle sa fin et sa mort.

Cette vision débouche sur le racisme, comme le cas d’apartheid en Afrique du sud avant Mandela où les noirs sont séparés des blancs dans tous les aspects de la vie quotidienne (écoles, théâtre, cinéma, lieux des sports, des plages…) ou encore en Israël maintenant (construction du mur séparant les palestiniens des israéliens). Et, c’est la même vision que pratiquent les États occidentaux lorsqu’ils appliquent des règlementations organisant l’entrée à leur territoire, et l’appliquent aussi quand ils poussent les immigrés vers le communautarisme et à l’enfermement dans des ghettos. C’est cette tendance que la littérature postcoloniale critique et essaie de détruire.

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