Qu’est ce que vous faites ? C’est quoi votre travail ?

Publié le par fibra

La question de ce genre n’est pas une question  mais,  elle est une opération. Car derrière elle se cache la nécessité de savoir ce que nous faisons dans la vie, notre travail, pour nous juger afin de nous estimer ou sous-estimer, ça dépend de ce que nous faisons dans la vie. C’est-à-dire que la nature du métier détermine la place qu’on nous accorde dans la société.

C’est une question que nous entendons et nous écoutons fréquemment, plusieurs fois par jour même, s’y ajoutent d’autres de même nature, quoi que ce soit la réponse.

Si nous disons que nous occupons un tel poste, nous écouterons « c’est bien, vous gagnez bien... ? Puis, vous avez des enfants ?

Si oui, combien sont-ils ? Garçons ou filles. Sinon il faut faire un foyer, c’est une chose inévitable, cherchez une femme n’importe laquelle juste pour entrer dans la vie  conjugale et être stable.

 

Etre stable ?

 

C’est quoi la stabilité ? Pourquoi toutes ces questions ? Est-ce que notre  vie les intéresse jusqu'à ce point là ? Ou, sont- ils poussés par l’inconscience collective ? Faire rester l’individu dans le cadre de la reproduction sociale, tandis que ne pas travailler, ne pas se marier, na pas reproduire les valeurs de la société, etc.  Tout cela  menace la stabilité sociale garantie par la reproduction normale de la vie quotidienne. Toutes les idéologies conservatrices visent la stabilité et l’équilibre.

Ces questions sont provenues d’une logique conservatrice qui vise à maintenir l’ordre établi et la société comme elle est.

Si nous disons que nous n’avons pas du travail, et que nous sommes  en chômage ou dans le précarité. Il nous disent : «  comment vous gagnez la vie ?

Comment vous vivez au survivez ?

Qu’est ce que vous mangez ?

Comment vous le trouvez ?

Il faut travailler. Laissez tomber tous et baissez la tête, et lorsque vous entrez vous pouvez la relever et vous avez gagné le travail, c’est ça l’important ».

 Mais, c’est un façon lâche et arriviste puis, nous ne pouvons pas jouer hors de la nature de la logique du jeu. Le travail est un droit, pourquoi l’acheter ou nous représenter esclaves pour déclarer notre fin.

"  Non, non, c’est une perte du temps cela, il faut défendre ses propres intérêt, depuis le point de départ sauve qui peut, c’est le présupposé et le principe" . Ce discours est omniprésent.

  Bien sûr parce que cette société était agressée plusieurs fois dans son histoire et était, aussi, attaquée dans sa mémoire, car l’oubli est un moyen qui facilite la domination .On exploite et on domine ceux qui ont une mémoire courte ou trouée, ceux qui ne peuvent pas se rappeler d’où étaient venus ? D’où avaient commencé ? D’où étaient partis ?

Les questions posées au début du propos sont fruits des valeurs d’une société considérée jadis étrange mais, maintenant l’étrangeté vue de l’intérieure.

 Le travail salarié est une caractéristique du mode de production capitaliste, car le salaire est une partie du capital ou du capital variable, et la salariat est une relation sociale de production. Parler de salaire c’est parler de l’esclavagisme conditionné. C’est-à-dire que le salarié est une personne qui a vendu à son employeur (capitaliste) une partie de lui-même ou il lui a vendu lui-même pour des heures, dans le temps qui reste hors travail, il achète pour consommer pour se reproduire pour travailler pour avoir un salaire, tandis que le capitaliste accumule des profits.

 

 Qu’est ce que vous faites ?     Est une question qui renvoie à ce que vous gagnez. Cela on le sait approximativement par la place que vous occupez dans un établissement publique ou/et privé ou de la nature du travail.

La question du travail recouvre une contradiction telle que : l’exploitation et la participation. Lorsque nous travaillons sous conditions nous sommes exploités mais , la participation à quoi ? Dès que nous produisons quelque chose nous entrons dans le processus de production et de reproduction sociales ; nous y prenons place et nous y existons en commun.

Produire pour soi et pour la société. Mais avec des moyens de production privés, la distribution sera en rapport avec la nature de la propriété donc, c’est une participation à l’inégalité.

L’inégalité est une caractéristique capitaliste, mais on ne discute pas bien  ces choses sous la pression d’une réalité et de beaucoup d’illusions …

 Il faut travailler et point… pas de vie digne hors du travail. Mais en réalité le travail est une frustration. Est-ce qu’on vit pour travailler ou on travaille pour vivre ?

La mentalité qui pose les questions précédentes et nous incite à s’intégrer dans la lâcheté et l’arrivisme, est le produit d’une misère non découverte. Et nous ne pouvons pas ne pas être misérable tant que nous reproduisons des valeurs qui nous méprisent et nous emprisonnent, qui entravent notre émancipation et notre liberté. Nous sommes dans des sociétés folles qui ont perdu tous les repères. S’élancer dans l’avenir c’est avoir construit et accumulé les fondements d’une existence impossible d’oublier ou d’effacer ou de la laisser  passer inaperçue.

Le travail est conçu comme une porte ouverte sur la mobilité sociale ,si on travaille bien on pourra grimper facilement. Comme ça, même un ouvrier s’il sait comment faire, il pourra devenir  entrepreneur, un salarié peut devenir capitaliste.

Voila l’illusion alimentée toujours pour accepter la situation et avoir un rêve irréalisable c'est-à-dire une illusion.

L’illusion est aussi une caractéristique capitaliste car les classes sociales sont, enfin, des castes, puisque la reproduction  est un processus qui signifie que la classe reproduit soi- même ainsi que la société comme elle la conçoit.

 Est-ce que vous avez compris maintenant ce que nous faisons ?

Nous pensons la réalité, nous posons des questions sur des questions, afin de construire et d’élaborer de vraies questions qui ébranlent qui détruisent qui laisse tomber ce qui tombe  qui construisent  une autre mentalité, une autre logique d’appréhension et de compréhension, qui élaborent une contre méthode de voir les choses.

En résumé, c’ests avoir débuté et pouvoir continuer dans  la lutte contre les questions produites par l’illusion.

 

 

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